Brive-la-Gaillarde

Identification

Département

Numéro INSEE

19031

Cité

Classification fonctionnelle

Fiabilité agglomération

Etat de la fiche

Environnement géographique

Situation

Brive est aménagée le long de la vallée de la Corrèze, historiquement et majoritairement en rive gauche de celle-ci, dans une plaine alluviale en grande partie marécageuse et inondable, recevant plusieurs affluents (ruisseaux du Nany, du Verdanson et des Gaulies) issus des collines dominant le sud de la ville. Deux faibles hauteurs naturelles dominent légèrement la zone innondable, les puys Saint Martin et Saint Pierre. La ville est implantée sur des alluvions anciennes et récentes ainsi que sur des remblaiements anthropiques dans sa partie nord, sur les anciens marécages bordant la Corrèze.

Topographie et altitude

altitude de la commune comprise entre 102 et 315 mètres

Environnement géographique

Bassin sédimentaire appelé Bas-pays de Brive, limité au sud-ouest pat le Causse du Quercy, bordé au nord et à l'est par les formations cristallines du Plateau corrézien. Larges plaines alluviales séparées par des collines peu élevées. Sous-sols dominés par des formations de grès et de calcaire. 

Réseau hydrographique

Rivière

Distance (km)

0.63

Historique des recherches

Les premières mentions de découvertes archéologiques sur la commune de Brive remontent au XIXe siècle, pour certaines non datées et/ou mal localisées. Concernant les périodes historiques et plus particulièrement l'Antiquité, on recense notamment et par ordre chronologique de découverte :

- le signalement de substructions et d'une monnaie de Majorien en or au lieu-dit Le Rey ainsi que du mobilier en plusieurs endroits au lieu-dit Le Rechaulier au XIXe siècle ;

- la mise au jour en 1864 d'un coffre funéraire en grès rouge avec urne en terre cuite, associé à des substructions près du lieu-dit Le Griffolet (commune d'Ussac) ;

- la découverte lors de travaux en 1878 de sépultures en sarcophage ;

- la mention en 1880 d'un triens mérovingien découvert dans les environs de Brive, dont la légende Briva Vico suggère la présence d'un atelier monétaire mérovingien à Brive ;

- la découverte d'un chapiteau mérovingien en 1882 sous l'église Saint Martin ;

- la mise au jour en 1888 d'une plaque en grès portant une inscription en latin (cf. rubrique Sources) ;

- en 1907 un solidus de Valentinien III a été découvert au lieu-dit Les Chapelies ;

- les vestiges de deux culées de pont ont été observés en 1934 près du Pont du Buis, interprétées comme les restes d'un pont romain d'environ 30 mètres de long détruit avant 1406 ;

Il faut néanmoins attendre le milieu du XXe siècle pour trouver mention des premières fouilles archéologiques officielles à Brive, avec deux campagnes successives de sondages en 1953 et 1954 sur l'ancienne chapelle Saint Pierre. En parrallèle, du mobilier archéologique est identifié en 1954 Place de la Halle ; c'est à nouveau le cas en 1972, rue Charles Teyssier cette fois.

L'année 1978 ouvre la décennie la plus prolifique en matière d'opérations et de découvertes archéologiques à Brive. Chaque année apporte ainsi son lot de vestiges dans le centre-ville et ce sans interruption jusqu'en 1987.

- la première étape est marquée par une fouille à l'extérieur et au nord-ouest de la nef de l'église Saint Martin en 1978, mettant au jour un ensemble de sarcophages en grès ;

- en 1979, c'est au tour de l'ancienne église Saint Sernin (Place Jean-Marie Dauzier) d'être sondée et de révéler également une nécropole en sarcophages datée de l'époque carolingienne, mais aussi des niveaux de l'époque gallo-romaine ;

- en 1980, une fouille est entreprise rue Charles Teyssier, suite à la découverte l'année précédente des premières figurines antiques en terre cuite dans cette rue, marquant une première étape dans l'identification d'un atelier de production de figurines et céramiques dans la Brive antique ;

- à l'occasion de travaux en 1981 au nord de la Place de la Halle, des vestiges antiques ont été découverts et ont fait l'objet d"une fouille de sauvetage ; cette même année, du mobilier antique a également été identifié Avenue Pierre et Marie Curie (en rive droite de la Corrèze) ;

- en 1982, du mobilier antique a été recueilli lors de travaux dans le secteur de la Place de la Halle ;

- en 1983, plusieurs lots de mobilier antique ont été ientifiés au cours de travaux rue du Clocher, rue Blaise Raynal et rue du Perron ;

- une fouille a été réalisée en 1984 rue Marie-Rose Guillot, révélant notament un puits duquel furent extraits des éléments lapidaires et du mobilier antiques ;

- l'année 1985 est marquée par une fouille de sauvetage au sud et à l'est de l'ancienne chapelle Saint Pierre, qui met notamment au jour des drains, des maçonneries ainsi que des fosses d'extraction d'argile gallo-romains. Cette même année voit la découverte de vestiges bâtis et artisanaux antiques à l'Hôtel Labenche, de mobilier épars rue Basse et d'abondant mobilier à l'angle des rues de la Frappe et des Prêcheurs ;

- en 1986 une nouvelle fouille est réalisée rue Marie-Rose Guillot, ainsi que Place Jean Charbonnel, cette dernière ayant notamment permis l'identification de fours antiques ; rue Marie-Rose Guillot, ce sont cette fois des fosses renfermant des moules de vases de type Drag 37 qui furent exhumées au sein de niveaux antiques dans lequels des maçonneries ont aussi été repérées ;

- en 1987 une fouille est réalisée au nord de l'ancienne chapelle Saint Pierre, qui met au jour de nouvelles structures artisanales interprétées comme les restes d'un atelier de coroplathe daté de la seconde moitié du IIe siècle. 

Il faut ensuite attendre le début du XXIe siècle pour que de nouvelles opérations archéologiques aient lieu, avec une série de diagnostics préventifs réalisés successivement en 2004 rues Massénat, Blaise Raynal (îlot Massénat) et boulevard Koenig. Le rythme des opérations s'intensifie dans les années 2010 :

- une fouille préventive a fait suite en 2012 à un diagnostic positif Place Charles-de-Gaulle et Place Latreille, aux abords de la collégiale Saint Martin. Elle a permis la mise au jour d'une aire funéraire datée du VIe au XVIIIe siècle, de plus de 600 sépultures, depuis le chevet de la collégiale jusqu'à son parvis ouest, ainsi que Place Latreille au sud. De nombreux vestiges antiques ont également été perçus : murs, sols en béton de tuileau, mobilier, sans qu'ils aient pu être bien caractérisés ;

- un diagnostic préventif est réalisé au lieu-dit Le Pilou en 2013, ne révélant pour la période antique que deux trous de poteau, un fossé et des fosses apparentées à des silos et datés du Ier siècle ;

- en 2016 la fouille préventive de l'îlot Massénat fait suite au diagnostic positif de 2004 ; des vestiges antiques (fosses avec foyers, trous de poteau et murs de fondation), perturbés par des aménagements plus tardifs, ont été observés sur environ 40 m² uniquement aux abords de la rue Blaise Raynal, révélant plusieurs indices d'une ancienne activité métallurgique dans cette zone. Le reste des vestiges s'étend chronologiquement du XIIe au XIXe siècle, témoignant de l'intégration progressive du faubourg médiéval à la ville moderne.

- de 2018 à 2020, un suivi de travaux (en cours) est réalisé sur une partie de la ville (rues Charles Teyssier, du Dr Massénat, Benjamin Delessert, Blaise Raynal et Avenue du Maréchal Foch). Les découvertes concernent essentiellement les époques moderne et contemporaine (vestiges de l'ancien couvent des Clarisses puis de Bonnesaigne, du couvent des Jacobins et de bâti civil). Les rares témoignages de l'Antiquité ont livré une hypothétique portion de voirie orientée nord-ouest - sud-est et quelques niveaux d'occupation datés du IIe et IIIe siècle.

Sources
Epigraphie

CIL

XIII, 1453

Type d'inscription

Texte

CALENVS • I | TR • EX • COLLE | POSVIT


Chronologie
Evolution ultérieure

Eglise

Oui

Si oui : Date d'implantation

Église Saint-Martin, chef-lieu de paroisse dont la première basilique a été érigée à la fin du Ve s. Ancienne église Saint-Sernin, mentionnée en 1231, chef-lieu de paroisse. Ancienne chapelle Saint-Pierre, mentionnée en 1239, pas chef-lieu de paroisse.

Chef-lieu de paroisse

Oui

Atelier de frappe monétaire mérovingien ?

Oui

Si Oui, nom ?

MARIULFUS (associé aux lettres "L E M O") ; DRUTTOMUNDOS, FALCO, SARICUS, URSIO (sans les lettres "L E M O").

Vicus mérovingien ?

Oui

Si Oui, nom ?

Briva Vico, associé aux lettres "L E M O" pour "Lemovecas", légende observée sur plusieurs exemplaires de tiers de sou d'or.
Phasage:

Fiabilité

Fiabilité

Fiabilité

Fiabilité

Topographie
Etendue supposée

Fiabilité

Superficie

2500.00

Fiabilité

Superficie

32000.00

Fiabilité

Superficie

6300.00

Fiabilité

Superficie

32000.00

Fiabilité

Superficie

4500.00

Fiabilité

Superficie

32000.00

Fiabilité

Superficie

32000.00

Réseaux
Voies terrestres:

Identifiant

Voie Bolène

Identifiant

Voie Limoges-Cahors

Organisation
Infrastructures liées à l'eau
Sources et puits

Identifiant

Puits rue Marie-Rose Guillot

Type

Forme

Circulaire

Identifiant

Puits Place Saint-Pierre

Type

Forme

Circulaire

Identifiant

Puits au sud de la Place Saint-Pierre

Type

Forme

Circulaire

Aqueduc, canalisations, égouts

Identifiant

drains au sud de la Place Saint-Pierre

Type hydraulique


Activité, production et échanges
Artisanat

Type d'activité


Synthèse

Bilan

En l'état actuel des connaissances, le site antique de Brive apparait essentiellement comme un espace à vocation artisanale, dont l'activité semble très majoritairement dominée par la production de vaisselles et figurines en céramique et dans une moindre mesure de terre cuite architecturale. On distingue deux phases de production distinctes, l'une allant de la fin du Ier à la première moitié du IIe siècle, l'autre couvrant la deuxième moitié du IIe et le début du IIIe siècle. Les découvertes archéologiques ont mis au jour les vestiges de fosses d'extraction d'argile, utilisée à des fins très variées : céramique commune, à paroi fine, apparentée à de la sigillée, figurines en terre cuite, moules à figurines et à vases, etc.. Les études et analyses de céramique ont notamment permis d'identifier, par leur aspect ou le contexte archéologique, trois grands ensembles plus ou moins homogènes : des parois fines ou apparentées, des productions diverses de la fin du Ier siècle et un ensemble hétérogène de productions du Ile siècle. L'artisanat métallurgique est également présent mais occupe a priori un rôle bien plus secondaire et n'a été pour l'heure identifié que dans un espace très restreint au sud du site.

L'ensemble des vestiges mis au jour recouvre une superficie d'un peu plus de 4 hectares, mais la zone de densité et de relative continuité des vestiges concerne guère plus de la moitié de l'emprise totale du site. Cette zone riche en vestiges s'étend du nord vers le sud de la Place de la Halle jusqu'au musée Labenche, sur une bande d'une largeur de quelques dizaines à une centaine de mètres. L'hypothèse d'un site aménagé le long de l'axe Limoges-Cahors est alors tentante,  mais ce dernier n'est à ce jour pas formellement attesté à Brive, de même que l'existence d'un carrefour avec l'axe Lyon-Bordeaux. Il faut d'ailleurs souligner l'absence totale de trame urbaine antique sur le site de Brive. L'hypothétique portion de voie identifiée en 2019 rue Charles Teyssier apparait très isolée dans une nappe de vestiges eux-mêmes très lacunaires et dont seule une orientation générale semble se dessiner selon un axe nord-ouest - sud-est (au demeurant repris par les constructions postérieures dans ce quartier). Si les fouilles anciennes et récentes ont bien identifié des structures à vocation artisanale, toutes ont jusqu'à présent échoué à reconnaitre des vestiges d'habitat, d'édifice public ou cultuel. L'absence de fouille extensive de grande superficie peut expliquer ces lacunes, de même que les aménagements postérieurs à la fois nombreux et monumentaux dans cette partie de la ville (deux remparts successifs, une demi-douzaine d'établissements religieux).